CRISE Faut-il ou non avoir peur de l’avenir cet automne ?
Rentrée tendue, crise de la dette, Europe menacée. Que penser du pessimisme ambiant à l'heure de la rentée : est-il lucide, ou exagéré ?
Un sondage commandité par Cadremploi et conduit en juin aura mis en évidence, parmi de nombreuses autres données, ce qui pourrait a priori sembler un paradoxe : les cadres interrogés quant à leur vision de l'avenir, se disent majoritairement optimistes quant à leur propre situation (1er item). Mais cette confiance s'estompe à mesure qu'on élargit le champ d'observation.
Optimistes pour soi, inquiets pour la société
L'emploi dans le secteur ou métier, au-delà de l'entreprise même, ne génère que 51 % d'optimistes. Et plus largement, le marché de l'emploi, le contexte économique et social général, génèrent une majorité inverse de pessimisme. Il est probable que l'omniprésence du discours médiatique participe de cette inquiétude. On ne sent pas nécessairement de signaux forts dans son propre environnement, mais la thématique de la crise, la réalité des plans sociaux annoncés, l'affirmation entendue que le pire est à craindre, et devant nous, contribuent fortement à une vision dégradée de l'avenir du monde. Reste ensuite à savoir si ce pessimisme relève d'un vrai réalisme, ou si l'inquiétude s'auto-alimente.

En route sur le Titanic ?
Sur ce dernier question, on lit avec quelque inquiétude de récents écrits du sociologue Hubert Landier, qui craint que nous soyons semblables à ces chalands qui se voyant surpris par l'orage font le gros dos, espérant passer entre les gouttes... sans savoir qu'ils sont en réalité les passagers du Titanic.
Le sociologue attend du pouvoir politique un discours plus mobilisateur, et quasi churchillien, promettant "de la sueur et des larmes"...
À l'entendre, les cadres devraient donc, s'ils étaient raisonnables, afficher un pessimisme bien pis que celui qu'ils expriment face aux sondeurs.
Pour lire le sondage dans son intégralité (34 pages de données).




